La paroisse est elle un lieu missionnaire pour des lazaristes ?

Publié le par Diacres Permanents Vincentiens

La paroisse est elle un lieu missionnaire pour des lazaristes ?

Par le père Jean-Yves Leboeuf, visiteur de la Province de Toulouse

 

svp enseignantLorsqu’on me demandait de prendre la direction du scolasticat à Paris en 1999, mon premier travail avait été de prendre mon bâton de pèlerin et d’aller frapper à la porte de plusieurs paroisses du diocèse de Paris. Les quartiers de la couronne de la ville, les plus défavorisés, étaient visés ! Je souhaitais trouver des lieux « d’insertion pastorale » pour chacun des quinze séminaristes.

 

Je me rappelais alors que St Vincent avait dans la formation tout à fait favorisé le lien entre les séminaires et les paroisses. Il voulait ainsi donner une expérience aux futurs prêtres de l’exercice du ministère. Pour les missionnaires, St Vincent avait l’idée de négocier un contrat. Par exemple avec Richelieu, le contrat, en plus de confier la paroisse à la Congrégation de la Mission, prévoyait le service missionnaire « avoisinant », la formation de ceux qui allaient être ordonnés prêtres, l’enseignement spirituel, un travail avec les filles de la Charité. L’intention était ne pas se limiter au service cultuel.

 

Mais c’est vrai aussi que St Vincent a toujours été prudent dans la prise en charge des paroisses et à certains moments, il dit radicalement qu’il n’en voulait plus : par exemple il écrit à Mr Thomas à Angoulême : « …une seconde raison pour laquelle nous ne pouvons pas accepter le bien que vous nous voulez faire, Monsieur, est que les cures nous embarrassent trop. Nous n’en avons pris qu’à vive force et sommes résolus de n’en plus en prendre. Les deux ou trois que nous avons n’ont servi qu’à nous faire connaître l’empêchement qu’elles apportent à nos fonctions,… ».

 

Dans la Province de Toulouse, deux confrères se retrouvent en charge curiale et plusieurs travaillent de manière étroite avec une paroisse. L’important c’est que la fin de la Congrégation soit honorée. Je pense d’ailleurs que cela permet une visibilité du charisme « vincentien ». Si des tâches apostoliques répondent bien à notre vocation, nous devons, par notre vie simple, être sensibles plus particulièrement aux pauvres. La paroisse est alors un avantage si elle est située dans un lieu digne de notre charisme. Elle est encore un avantage si elle permet aux confrères (n’ayant pas la responsabilité) d’exercer notre charisme et de répondre à d’autres appels à « l’extérieur », dans le diocèse.

 

Alors la paroisse reste un véritable lieu de mission. Nous rejoignons la pensée de St Vincent qu’elle ne nous empêche pas de vivre notre charisme.

 

Jean-Yves Leboeuf

Visiteur.

Publié dans Saint Vincent de Paul

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