Père Gaignet rencontré à la formation lazariste de janvier 2011 :Discussion de comptoir autour de Monsieur le Curé

Publié le par Diacres Permanents Vincentiens

Durant deux heures, le père Olivier Gaignet a mené les débats devant 90 personnes.

 

Vidéo TVVendée :

http://www.tvvendee.fr/video-TVV_la_grande_emission_20101201_01.aspx


Source Ouest France :

 

 Durant deux heures, le père Olivier Gaignet a mené les débats devant 90 personnes.

On connaît l'engouement pour les cafés philo. À Fontenay-le-Comte, c'est un café théo qu'organise le père Olivier Gaignet. Mardi soir, le thème s'est imposé : la crise économique.

 

Buée sur les vitres, odeur de café et brouhaha sourd. Bienvenue au Café théo d'Olivier Gaignet. Le curé de Fontenay-le-Comte (Vendée) est face à 90 personnes, micro en main. «Cette soirée n'est pas faite pour vous convertir», lance avec malice le curé de la paroisse Saint-Hilaire.

 

Le Café théo, c'est le café philo du père Gaignet. L'homme est affable. Agé de 67 ans, il avait initié ces moments de discussion, il y a quelques années déjà, aux Sables-d'Olonne. Mardi soir, au café des Halles de Fontenay, le thème était «évident» : la crise économique.

 

«J'ai deux enfants au chômage»

«Chacun doit s'exprimer, indique en préambule le père Gaignet. Le principe est de s'écouter et de s'enrichir de la pensée de l'autre. Dites comment vous vivez cette crise.»

L'homme, qui a passé 15 ans au Mali, ne verse jamais dans le prosélytisme. L'assistance est éclectique, il n'y a pas que des catholiques. « C'est ça le café théo !» glisse Olivier Gaignet.

 

«J'ai deux enfants de 35 et 38 ans au chômage, témoigne une dame. Je ressens une grande inquiétude, que peut-on faire ?» L'échange s'installe après un round d'observation. «La crise est près de chez nous, j'ai un ami qui travaille chez le transporteur Thoinard qui va se retrouver au chômage», se soucie une autre femme.

 

Le Sud-Vendée est frappé de plein fouet par la crise. Chômage partiel chez le fabriquant de semi-remorques Samro, redressement judiciaire pour la société de contre-plaqué Plysorol et fermeture annoncée du transporteur de meubles Thoinard. De quoi alimenter le débat.

 

La soirée avance, les langues se délient, les craintes sont de plus en plus perceptibles. «On a l'impression d'être les dindons de la farce. On veut juste faire vivre nos familles», expose un homme. «On vit dans la déstabilisation. Les organismes ont été dépassés. On a sorti des milliards pour les banques, mais rien pour les SDF», déplore un autre.

 

«Tenir tête à cette crise»

Attentif, le père Olivier Gaignet mène la discussion, distribue la parole et recadre avec justesse les débats. Chacun y va de son analyse. À qui la faute ? «Les banquiers», «les délocalisations», «l'argent roi», «l'individualisme» ?

 

«Je vous propose maintenant d'essayer de trouver des solutions pour mieux aborder cette période difficile», indique le curé, qui entretient aussi un blog. Il y aborde l'actualité, la politique ou la solidarité, toujours avec une pointe d'humour.

 

«Que révèle cette crise, questionne Olivier Gaignet. Quel projet de société voulons-nous ? Ne serait-il pas temps d'améliorer nos relations ? Il faut être créatif, trouver de nouveau métiers et bâtir des réseaux de solidarité.»

 

Après deux heures d'échanges, les débats s'achèvent. La religion n'a été que très peu évoquée, chacun a pu s'exprimer librement selon ses sensibilités. «On a tenté de trouver des repères pour repartir autrement dans notre existence. Il faut tenir tête à cette crise», conclut le père Gaignet.

 

Cyrille CALMETS

 

jeudi 22 janvier 2009

Publié dans Témoignages

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